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10 ans de la Mandelsy | CTM#1

Chroniques des Terres de Mandelsy

- Publié le 27-08-2023


Parlons des dix ans de ce projet


10 ans. Il y a tout juste 10 ans j’écrivais les premières lignes et réalisais les premiers visuels (un drapeau) de ce pays : la Mandelsy. Dans cet article, je vous propose de revenir sur cette aventure : d’où elle est partie, comment elle a émergé, comment elle a évoluée et ce que j’ambitionne pour la poursuivre.

Des mondes de l’imaginaire aux villes virtuelles

D’aussi loin que je me souvienne, les mondes de l’imaginaire m’ont toujours fascinés. Imaginer un univers parallèle, avec ses propres règles, sa propre géographie et ses propres personnages tel a été, depuis finalement assez longtemps, mon loisir. Enfant, comme sans doute beaucoup d’autres, je jouais avec mes peluches et leur faisais vivre des aventures dans un monde imaginaire où se mélangeaient science fiction spatiale et magie. Un mix entre l’univers de Star Wars de Georges Lucas et le monde des sorciers de J.K. Rowling. Ajoutez à cela d’épiques affrontements à la Tolkien avec des personnages incarnés par des animaux (influence Disney Mickey Picsou & Cie ?) et vous avez là le tout premier monde imaginaire que j’ai couché sur le papier. À la base de tout cet univers il y a des cartes, autre passion que je cultive depuis l’enfance.

À l'origine de tout, il y a des cartes

Une chose en amenant une autre, mon premier ordinateur en main (en 2006 je crois), ces univers migrent vers le support informatique. Je tâtonne alors et navigue sur plusieurs fronts sans vraiment aller au bout de mes idées : je passe par des cartes sur paint, des dessins et même la tentative de création d’un MMORPG (via RPG maker). Surtout, je découvre la joie des jeux de simulation de ville (city builder). Sim City 4 en premier (même si je suis passé très rapidement sur les versions antérieures) puis un jeu qui va tout changer en 2010 : Cities XL. C’est à cette occasion que je rejoins mon premier forum. Le 4 janvier 2010, je m’inscris sur Génération City. J’y découvre un pays : l’EUGC, un morceau de continent supplémentaire implanté sur Terre. Il s’agit alors d’une nouvelle nation à imaginer avec pour base les villes construites sur Cities XL. Un premier pas vers la construction de quelque chose qui nous dépasserait tous.

Très vite ce bout de terre nous contraint et nous décidons une grande migration : et si nous avions notre propre planète ? Une planète similaire à la Terre, peuplée d’humains dont le niveau de civilisation est proche du nôtre. Sur cette planète, l’espace n’est plus limité et chacun peut désormais y avoir son pays. J’y développe de décembre 2010 à juillet 2013 une première nation : l’Ivanoa. Ce pays est le plus beau, le plus puissant, le plus peuplé, tout y est parfait. Tout ? Non, car il manque d’enjeux et souffre de trop de superlatifs. Bref il n’est pas crédible et n’invite pas à s’y imaginer des histoires. Je n’ai alors qu’une quinzaine d’années et beaucoup à apprendre sur la complexité du monde. Ce pays, s’il a permis de commencer à apprendre à écrire et à dessiner des cartes au format numérique, n'est donc pas suffisamment intéressant à mes yeux. Malgré les centaines d’heures passées à le construire, je l’abandonne et recommence de zéro.


Carte de l'Ivanoa, pays développé de 2010 à 2013 sur Génération City

Carte de l'Owistgonie, projet très éphémère d'un état sur Terre.

La dystopie « Mandelsy »

C’est là que naît la Mandelsy, nom choisi en référence à un grand monsieur décédé au cours de l’année 2013.

Dès le départ, je veux faire de ce pays un objet particulier, atypique reflet de certaines de mes convictions et illustration inconsciente d’œuvres cinématographiques m’ayant profondément marqué enfant. Je pose alors quelques principes qui me guideront tout au long de la création de cette nation : la voiture n’y existe pas ou n’a pas connu de développement significatif dans ce pays assez pauvre économiquement. Peu à peu, je construis un récit à partir de ce postulat.

L’histoire du pays fait apparaître un enfermement important à la fin du XIXème siècle et tout au long du XXème siècle ayant conduit à adopter des choix technologiques différents des autres nations du monde de Génération City (baptisé depuis Monde Gécée). La Mandelsy telle qu’actuellement construite est donc sous une certaine forme une dystopie : un scénario alternatif de non développement d’une société qui n’aurait pas pris le virage d’une économie dopée au pétrole du fait de sa fermeture sur l’extérieur.

D’un des pays les plus développés du monde au XIXème du fait de l’intense exploitation du charbon, la Mandelsy devient donc en un siècle la dernière des nations gécéennes. La raréfaction des ressources en charbon tout au long du XXème siècle conduit à la situation du début des années 2000 avec un pays dans un état d’appauvrissement généralisé. Tout ou presque est resté comme à la fin du XIXème siècle : les villes, les moyens de transport, l’organisation économique, les clivages au sein de la société… Dans ce contexte, pour le meilleur ou pour le pire, le pays ouvre ses frontières en 2013. Conscient du retard pris par rapport aux autres nations mais également de ce que fait peser sur l’environnement le modèle économique capitaliste dominant sur Gécée, la Mandelsy choisit une autre voie : le développement dans le respect du vivant et du non vivant.

Loin des mythes du modernisme écologique, l’univers actuellement dépeint pourrait être qualifié de dystopie “éco-steam-punk” : un mixte entre un univers “steam-punk” dont la Mandelsy reprend l’ambiance architecturale victorienne et les moyens de transport (train et dirigeable) et un plaidoyer pour un développement alternatif de nos sociétés, respectueux de notre environnement et résolument tourné vers l’écologie au sens premier du termes c’est à dire tourné vers le vivant.Un peu comme si, au crépuscule de la première révolution industrielle, nos sociétés occidentales auraient pris un autre chemin : une stagnation et une décadence pendant près d’un siècle avant une renaissance en ce début de XXIème siècle

C’est avec ce scénario, avec cette dystopie, que commence la véritable histoire.

Le support d’une œuvre fleuve

Pour la Mandelsy, la base demeure la même que pour l’Ivanoa. Je commence par créer des villes avec le jeu Cities XL puis avec son successeur Cities XXL. Des éléments de géographie, de culture et d’économie sont construits au fil des ans. Au fur et à mesure que mes études avancent, je gagne également en compétences et notamment à l’occasion de mon diplôme d’ingénieur. Je suis formé aux logiciels de SIG et entreprend donc d’en constituer un pour la Mandelsy. Cette couche cartographique permet de rendre le pays crédible. Peu à peu, j’écris les différentes pierres de ce qui constituera un jour l’atlas de la Mandelsy. Mon doctorat me permet de vraiment apprendre à écrire. Les textes sont donc revus, actualisés et complétés au gré de ces évolutions. Mes convictions s’affirment aussi, et j’introduis ici où là des éléments qui les reflètent ou critiquent notre société. Le pays gagne en complexité au travers du développement de multiples thématiques qui s’entrecroisent : histoire, culture, religion, peuples…

À partir de 2020, une nouvelle étape est franchie. Si les années passées sont marquées par l’organisation de rôle play sur le forum de génération city, il ne s’agit pas encore d’histoires complètes. En 2020, la Mandelsy n’est plus seulement qu’un pays décrit sous toutes ses coutures ; elle devient l’univers dans lequel je souhaite raconter mes récits. Retour en enfance, à l’époque où je m’imaginais des histoires avec mes peluches. Aujourd’hui il ne s’agit plus d’histoires de sorciers spatiaux mais d’un récit global d’aventure fait de multiples petites parties qui doivent pouvoir se lire toutes ensembles ou chacune indépendamment des autres. L'objectif est triple : raconter les quêtes d'une vie pour les personnages principaux, l'histoire de leur relation de leur rencontre à leur mort et l'histoire de l'univers dans lequel ils évoluent. Un véritable challenge avec l’ambition d’une œuvre fleuve dont le dénouement devra mobiliser tous les sens des lecteurs.

Ce récit et finalement l’ensemble de l’univers s’inspire de plusieurs films d’animation qui, je crois, m’ont profondément marqué enfant : Le château dans le ciel (1986, Studio Ghibli) ; La route d’Eldorado (2000, DreamWorks Animation) ; Atlantide, l’empire perdu (2001, Disney) et La planète au trésor : un nouvel univers (2002, Disney). Tous ces films mettent en scène des aventures : parfois à la recherche de cités disparues, d’autres fois à la recherche de trésors fabuleux. Ces éléments sont ceux qui guident aujourd’hui cet ensemble de récits nommé « Les cités perdues ». Et puis quoi de mieux qu’un tel projet pour détailler et compléter la description de la Mandelsy ?

De l'écriture à la publication papier

Un autre élément qui m’intéresse depuis assez jeune est l’édition. Petit, je découpais mes “Journal de Mickey”, mes “Picsou” ou même mes cahiers de vacances (?!) pour les rassembler dans des classeurs et en faire de nouveaux « magazines ». Bien des années plus tard, ma maîtrise de l’informatique et internet étant passés par là, je suis celui qui écrit, illustre, mets en page et fait imprimer ces livres. Après 10 ans de travail, l’univers de la Mandelsy est illustré par deux ouvrages complets (Les Cités perdues T11, Les Cités perdues T12) et plusieurs en cours d’écriture ou de mise en page : les Cités perdues T1, 5 et 10 et l'atlas de la Mandelsy. Pour ce dernier je n’ai pas résisté l’an passé à en imprimer une version incomplète.

Pré-impression de l'atlas de la Mandelsy pour "tester"

Sans aucun doute, il s’agit là de mon plus ambitieux projet à ce jour. Un livre qui dans sa première édition dépassera allègrement les 250 pages, qui contiendra des centaines d’illustrations, schémas et cartes. Les textes actuellement écrits pour cet ouvrage sont aussi longs qu’une thèse. Initialement, il était prévu d’en achever une première édition pour ce dixième anniversaire. Le projet est tel que je n’ai pu le terminer à temps mais ne désespère pas de l’achever pour un autre anniversaire.


Les pages de garde des cinq parties de l'atlas de La Mandelsy

Pour tous ces ouvrages, l'ultime étape, que je n'ai franchi qu'une seule fois à ce jour mais pour un tout autre projet, est la publication réelle. Ce n'est pas particulièrement compliqué, mais cela demande du temps et un peu d'argent pour les quelques formalités administratives et la communication. À n’en pas douter, un tel projet resterait très confidentiel car la communauté qui suit cette aventure l'est tout autant. Cependant, l’objectif est bien un jour de permettre à quiconque le souhaiterait de se procurer ces livres.

Les livres XI et XII des cités perdues respectivement écrits en 2021 et 2022.

10 ans d’écriture, pour 10 nouvelles années ?

Après 10 ans d’écriture, de conception d’images, de cartographies, de jeux, la Mandelsy et plus généralement l’univers des cités perdues c’est :

  • 2 livres des cités perdues au format papier qui ne demandent qu’à être réellement publiés
  • 3 autres autres livres en cours d’écriture et la trame pour bien d’autres aventures d’esquissée
  • 1 atlas en cours de conception (écriture, cartographies …) contenant à l’heure actuelle plus de 67 000 mots de textes, une trentaine de cartes, une centaine d'illustrations et 150 pages.
  • 96 vidéos sur la chaîne Youtube dédiée à l’univers (Vallamir Stories) et 351 vidéos de présentations de villes (chaîne Vallamir & Co).
  • 5 Go et plus de 4500 fichiers (hors vidéos)


L'atlas de la Mandelsy, au 1er septembre 2023

C'est finalement un ensemble de productions qui m'ont permis de trouver a beaucoup de domaines et d'exprimer ma créativité au travers de différents langages. Le français d’abord pour raconter mes différents récits et décrire précisément tout cet univers. L’illustration via des dessins au crayon ou grâce à des outils numériques (photoshop, logiciels de 3D, jeux bac à sable, IA). La cartographie d’abord sur papier, puis sur des logiciels tels que Paint.net, Inkscape et surtout QGIS. La programmation, pour créer des outils de toute nature qui viennent compléter l’univers (génération de données, cartographie interactive, site web, programmes python ou javascript pour générer des contenus, génération procédurale…). La vidéo, pour montrer mes réalisations sur les différents jeux ou vous raconter mes histoires. Enfin, l'art de concevoir des villes au travers des jeux de création de villes, le point de départ de tout ce projet. Bref, un panel et une diversité de modes de créations correspondant à mes envies ou mes affinités du moment.

Pour l’avenir, j’aimerais pouvoir ajouter la musique à cette liste et développer autour de cet univers des ambiances sonores propres et originales. Toute grande saga a une ou plusieurs partitions qui l'identifie. Si un jour les Cités perdues pouvaient avoir la leur, cela concrétiserai encore plus cet univers. Enfin, l'objectif finale est bien l'achèvement de cette œuvre fleuve. Dans mes rêves les plus fous, celle-ci s'achève par une adaptation cinématographique en un ou plusieurs films. À l'image des sagas qui ont bercé mon adolescence, ce serait un but ultime, une consécration de voir mes personnages et cet univers mis en scène sur le grand écran.

Plus modestement et pour revenir à aujourd'hui, je regarde le chemin parcouru depuis dix dans ce projet avec fierté. Cela n'a d'ailleurs pas été toujours le cas. Il fut un temps où j'avais presque honte de se passe temps. Ce sont les premières personnes de mon entourage a avoir lu mon travail qui m'ont permis d'assumer pleinement ces créations et d'en être désormais fier.

Bien entendu tout cela n’aurais pu être possible sans elles et sans tout ceux qui ont contribué à ce projet. En premier lieu, je dois remercier les membres du forum de Génération City qui sont à l’origine de la création du monde Gécée. Cet univers est aujourd’hui si étendu qu’aucun de nous ne peut prétendre en connaître toutes les ramifications. C’est fascinant et illustre notre créativité sur tous les plans. Si le monde Gécée en tant que tel est plutôt sur la pente descendante, je continuerai à le faire vivre de mon côté avec passion. Merci à tous. 

En second lieu, je dois remercier les quelques personnes qui m’ont inspiré et m’ont permis d’enrichir le contenu de cet univers ou les histoires qui s’y déroulent. Mes proches, mes amis, les lieux et situations que nous avons visités ou partagés ont été et sont toujours d’immenses ressources pour imaginer cet univers. 

Enfin, merci à toi qui est peut être la personne qui s’est le plus intéressée à ce projet, qui m'a permis d'accepter pleinement cette part de moi même que je cachais jusqu'alors, qui a pris le temps de lire les deux premiers livres et qui est une inépuisable source d’inspiration, d'encouragement et de motivation.