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L'IA dans le MCU - Partie 1, utiliser l'IA pour écrire ?| CTM#6

Chroniques des Terres de Mandelsy

- Publié le 28-10-2026


Quels sont mes usages de l'IA dans le processus créatif des Terres de Mandelsy ? Réponse aujourd'hui avec cette première partie consacrée à mes usages dans le process d'écriture.


À l'heure où l'IA générative a envahi notre quotidien - il suffit pour cela de voir le nombre d'affiches IRL créées grâce à ces outils - je me suis dit qu'il serait intéressant de faire un point sur mon propre usage des outils basés sur l'intelligence artificiel et en particulier dans la construction du Mandelsy Cinematic Universe (MCU). Dans cette première partie, je vous propose de me concentrer sur mes usages dans le process d'écriture. 

Ce que je ne fais pas et m'interdit de faire

Commençons par là avant d'aborder comment j'utilise Claude ou Chat GPT dans mon process d'écriture. Voici ce que je m’interdis absolument de faire avec ces outils : imaginer les histoires et les rédiger complètement. J'aime beaucoup chercher à manier les mots, voir se révéler devant moi à l'écrit l'histoire que j'imagine. Cela n'aurait donc aucun sens de déléguer ces tâches à des chat bot. Bref, l'IA n'écrit aucun de mes textes.

Quels usages aujourd'hui ?

Contexte : 4 livres en cours imaginés différemment

Pour les deux premiers livres écrits (Le Retour de l'Opération Papillon et Glaciale Rhapsodie), j'avais écrit les textes entièrement avant de les jouer pour les sortir au format audio sur YouTube. S'ils nécessitent aujourd'hui une grosse mise à jour, voir un enrichissement de ma part, le process d'écriture a été réalisé à 100% sans usage de l'IA en 2021 et 2022 à une époque (et pourtant ça ne fait pas si longtemps) où chat GPT et consorts en étaient qu'à leurs débuts. 

Pour les deux livres suivants, le process est un peu différent. Les deux aventures audios publiées en 2024 et 2025, respectivement Le Secret de Mamie Nohgoude et Salith'Nithal, première des cités perdues, ont été en très grande partie improvisées. Pour la première, il s'agit d'une improvisation complète au jour le jour en se donnant uniquement un sujet et des personnages. Dans un souci de cohérence, l'épisode final a été un peu plus préparé mais les textes joués dans l'épisode audio sont complétement improvisés. Pour la seconde, j'ai un peu plus réfléchi en amont aux différentes étapes du récit en me donnant pour chaque épisode des personnages, un lieu et une trame sur quelques lignes. Le reste étant aussi improvisé. 

Au moment de "convertir" ces sessions d'improvisation en un texte, je me suis posé pas mal de questions avant de trouver une méthode qui me convenait. Il s'agissait de garder la main sur le contenu tout en restant assez efficace. Il était par exemple hors de question de retranscrire près de 7h de contenu audio à la main. C'est donc là qu'interviennent les outils basés sur l'intelligence artificielle. 

Quatre étapes pour passer d'un audio improvisé à un texte lisible

La première étape dans laquelle j'utilise un de ces outils est celle de la retranscription des épisodes audio. Chaque épisode est analysé et retranscrit par l'IA. Je justifie cet usage de la manière suivante : ce n'est clairement pas un travail passionnant, extrêmement chronophage et pour lequel je n'aurais de toute manière pas les moyens de payer un humain pour le faire. Du reste, je ne suis pas persuadé que ce soit un travail absolument passionnant pour un humain.

Le texte sorti est un bouilli de mots. Cela vient sans doute de l'extension de navigateur que j'utilise : elle analyse mes différents épisodes publiés et tente de retranscrire ce qui s'y dit. Il n'y a pas de ponctuation, pas d'alternat des dialogues, les noms des personnages ou des lieux sont erronés. Bref, il y a encore beaucoup de travail à faire. J'ai dans un premier temps essayé de reprendre le texte ainsi retranscrit à la main. Il m'a fallu environ 3 heures pour le seul premier chapitre du Secret de Mamie Nohgoude. Presque autant que si je l'avais écrit de zéro. Et ce sans faire d'enrichissement du texte, juste le rendre lisible, ajouter la ponctuation, corriger les noms, mettre en forme les dialogues. Pas viable à mon sens pour traiter une cinquantaine de chapitres pour une tâche qui de nouveau n'est pas la plus passionnante. 

La deuxième étape dans laquelle j'utilise un outil basé sur l'IA, ici Claude ou Chat GPT, est donc celle-ci : transformer la bouillie de mots qui sort de la transcription en un texte intelligible sur lequel je vais ensuite pouvoir travailler. Pour se faire, je nourris l'agent conversationnel du contenu des pages du wiki dédiées à chaque livre. Elles ont l'avantage de contenir les noms des personnages. Je leur porte aussi à connaissance les différents lieux de l'action afin qu'ils soient correctement orthographiés. Ensuite, l'action du chat bot est simple : analyser la retranscription, découper le texte en phrase, mettre en forme les dialogues, corriger les noms des personnages et des lieux et tout cela sans rien inventer ! C'est sans doute ce dernier élément qui me pose le plus de problème : car bien que ce soit une consigne que j'ai expressément formulée, je n'ai pas la garantie qu'elle est parfaitement respectée. Surtout je n'ai pratiquement aucun moyen de contrôler. C'est la limite de cette approche à mon sens. À l'heure où j'écris ces lignes, j'ai passé en revue sept chapitres du Secret de Mamie Nohgoude retranscrits et découpé par l'IA. J'ai rencontré quelques phrases qui n'avaient pas beaucoup de sens ou qui semblaient sorties du contexte du récit. Dans ces cas-là, une comparaison manuelle avec l'épisode audio s'impose. Dans tous les cas il s'agit de passages où ma diction était... perfectible et où les différents outils ont interprété ma voix de manière erronée. Pas d'hallucination donc, mais des limites qui mènent à la troisième étape. 

Il s'agit de là où je pense véritablement réaliser mon travail d'auteur (en plus bien sûr de la partie improvisation initiale). Mes histoires ont été imaginées en improvisation ce qui a permis de structurer l'action, de la détailler, d'imaginer des dialogues. C'est une méthode que j'aime beaucoup car même si ce qui en ressort souffre de nombreuses incohérences et n'est pas basé sur un vocabulaire très riche, elle permet d'aller considérablement plus vite et de manière bien plus spontanée qu'en se posant face à une page blanche. Les outils d'IA font ensuite le travail répétitif et sans grande plus-value humaine à mon sens de retranscrire ce texte de la manière la plus fidèle possible à ce qui a été improvisé. La troisième étape est donc de rendre ce texte lisible. L'idée est de passer d'un langage plutôt parlé avec ses lacunes et faiblesses à un texte conçu pour être lu. Et là c'est une étape garantie sans IA ! 

Au cours de ce process, j'en profite pour corriger les incohérences du récit (issues de l'improvisation), enrichir le vocabulaire (via un dictionnaire des synonyme), développer les descriptions, compléter l'action pour que cela soit plus fluide. Il s'agit de modeler le texte à ma façon. Cette étape est particulièrement exaltante : je n'ai pas à me soucier de la trame de l'aventure, elle est là. Je n'ai pas non plus à trop me concentrer sur le développement : le travail d'improvisation a introduit l'essentiel des éléments nécessaires à l'intrigue. Je joue simplement avec les mots et mon texte pour l'améliorer, introduire des détails qui n'ont pas été pensés lors de l'improvisation et sans que cela ne modifie l'intrigue. 

Quatrième et dernière étape : les corrections. Ceux qui me connaissent le savent, je suis notoirement mauvais en orthographe. Une grave allergie aux "s" à la fin des mots en particulier (et ce quel que soit la langue d'ailleurs !). C'est un travail quotidien de relecture et de tentative d'amélioration de mes écrits sur cet aspect. Un dernier usage que j'imagine de l'IA (non expérimenté à ce jour) est de lui donner les textes enrichis à corriger sur le plan de l'orthographe, de la conjugaison ou de la grammaire (les pluriels ce n’est vraiment pas mon truc !). Comme pour les autres étapes, j'aimerais pouvoir garder le contrôle absolu de ce que l'IA corrige. Pour se faire rien de plus simple que de lui faire corriger un document Word avec pour consigne de ne se concentrer que sur l'orthographe, la grammaire et la conjugaison. Et ensuite, pour garder le contrôle, continuer à apprendre à identifier mes fautes et réaliser une nouvelle relecture du texte. Je pense revoir ces modifications en mode comparaison pour les approuver ou non à la main.

Prise de hauteur : demain sans ces outils ?

Dès que j'utilise un chat bot ou un outil basé sur l'intelligence artificielle, je me pose la question suivante : "comment ferais-je demain si ces outils me deviennent inaccessibles ?". Très honnêtement, rien ne semble impossible mais tout serait beaucoup plus long. L'étape de retranscription serait sans doute celle qui m'embêterait le plus car c'est vraiment un travail fastidieux. Le faire à la main rendrait caduque la seconde étape de mise au propre. Pour l'avoir expérimentée, ce n'est en effet pas le plus passionnant mais pas le plus difficile. L'IA permet ici de gagner un temps précieux et ce d'autant que l'écriture n'est pas mon activité principale. Travailler sans reste possible, mais extrêmement chronophage. Si ces outils étaient amenés à devenir inaccessibles, probablement que je reviendrais à une méthode plus classique d'écriture comme ce fut le cas pour les deux premiers livres. 

Faisons juste pour terminer un petit calcul. Pour un chapitre du Secret de Mamie Nohgoude voici à peu prêt le comparatif de temps passé avec et sans outil IA. 

  • Improvisation de l'épisode, découpage, montage, sfx, production : environ 2h/chapitre.
  • Retranscription du texte : [Sans IA] environ 45 minutes par minute d'audio. / [Avec IA] environ une 5 de minutes quel que soit la longueur du chapitre
  • Enrichissement : environ 2h par chapitre

En comptant 7h d'aventure à retranscrire l'IA me permet de gagner 13 jours complet de travail. Autant de temps en plus que je peux passer à enrichir à mon univers !